« Le père de mes enfants » de Mia Hansen-Love

Grégoire, Valentine et Billie Canvel dans "Le père de mes enfants"Grégoire (magnifique Louis-do de Lencquesaing) est un producteur pressé qui arpente les rues de Paris, son téléphone greffé à l’oreille, et jongle entre banquiers, distributeurs et réalisateurs.
Grégoire est aussi le genre de producteur capable d’aller remonter le moral d’un acteur malheureux en amour, sur le tournage d’un de ses films à Malmö et qui produit des films parce qu’ils les aiment profondément même s’il sait, au fond, qu’ils ne lui rapporteront pas grand-chose. Un producteur empli d’humanité et de risque somme toute.
Surtout, Grégoire est le père de ses enfants ou plutôt l’homme de ses femmes. Ses trois filles admiratives qu’on devine futures victimes du complexe d’Electre, et sa femme Sylvia. Ses femmes, sa bulle, qu’il retrouve le vendredi soir à la campagne, fatigué mais avec entrain.
C’est un peu tout ça qui fait qu’on a envie de l’aimer cet homme et de le suivre, encore. Mais voilà, lui en a décidé autrement. Sa boîte, Moon Productions, n’en finit pas de perdre de l’argent et son quotidien devient une sorte de course pour lever des fonds et la faire tenir. Ce pan le moins poétique de son métier devient pesant et intenable, il se tire une balle dans la tête.
La deuxième partie du film consistera pour son entourage à poursuivre le combat de Grégoire, à finir des films entamés pour le faire vivre encore un peu.
Mais, la réalité du monde du cinéma et de la production se dressera face aux espoirs de tous.
Mia Hansen-Love a réussi deux prouesses dans « Le père de mes enfants« . D’abord, elle filme de manière admirable les moments d’intimité comme si elle avait posé sa caméra au milieu de cette famille où les parents regardent les spectacles de leurs filles, où l’adolescente en a marre de passer tous ses week-end à la campagne et se voit répondre par son père « j’aimerais beaucoup que tu te décides à être heureuse ». Mais c’est aussi le résultat du choix parfait des acteurs. De la chef de production (Dominique Frot) aux deux fillettes pourtant très jeunes (Alice Gautier et Manelle Driss), en passant par l’ami producteur (Eric Elmosnino), le casting est on ne peut plus vrai.
« Le père de mes enfants » est un film si juste et vrai que l’illustration de la mort tragique d’Humbert Balsan en devient gaie compte tenu du bonheur passé.

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