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« Diana Vreeland : the eye has to travel » de Lisa Immordino Vreeland

Anna Wintour, c’est de la gnognotte. Promis, juré, la main sur le Vogue américain. Il faut avoir connu Diana Vreeland pour le savoir. Jusqu’ici  pourtant, on ignorait tout d’elle. Erreur à moitié rectifiée en voyant le documentaire de Lisa Immordino Vreeland. Oui, Vreeland comme elle. La réalisatrice n’est autre que la petite-fille par alliance de cette icône des années 60, prêtresse de la mode et tour à tour chef du Harper’s Bazar et de Vogue. On l’imagine alors fouiller la mémoire de la grand-mère de son mari, morte en 1983 et découvrir cette originale prête à tout imaginer pour mettre en valeur la haute couture : trouver un sumo  de deux mètres mais mince (!) pour un shooting en Alaska, y expédier 500 orchidées, mobiliser, pendant trois semaines, une équipe en Egypte pour dix photos sur papier glacé.

DV (c’est le titre d’une biographie qui lui est consacrée), un oeil capable de dénicher la beauté là où personne ne l’avait vue. Dans un cou trop long, un nez trop grand, une bouche peu attrayante. Une provocatrice qui osait, dans une rubrique génialement imaginée par elle, pour elle – intitulée « Why don’t you? » (Pourquoi ne pas?)- poser des questions politiquement incorrectes. Pourquoi ne pas laver les cheveux de vos chères têtes blondes avec du champagne pour que la couleur reste? Pourquoi ne pas porter des mitaines violettes avec tout ? Pourquoi ne pas vivre  tous les jours comme une geisha? Pourquoi? Pourquoi?

Rien d’impossible en tout cas, pour cette habituée de la Factory qui a imaginé la tenue de Jackie Kennedy le jour de l’investiture de son mari. Seule sa folie des grandeurs -même en cette époque faste- qui la mettra hors circuit, renvoyée du Vogue après l’apogée. Inutile de préciser qu’elle saura se retourner imaginant des expositions spectaculaires au MET de New York avant de finir sa vie, conversant avec ses visiteurs du soir dans son appartement de Park avenue devenu le boudoir le plus chic de New York. Et Aveugle d’avoir trop trop vu, sans doute.

Sortie le mercredi 3 octobre, durée 1h25.

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