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« Au galop » de Louis-Do de Lencquesaing

« On se connaît déjà depuis longtemps. Dès que je t’ai vue, je t’ai reconnue. » C’est ce que dit Paul à Ada quand ils se découvrent et c’est en résumé ce qu’on ressent quand on voit « Au galop », pourtant le premier film de Louis-Do de Lencquesaing. Ce cinéma-là nous est familier. Et pour cause, Lencquesaing l’a réalisé comme il joue. Dans le très joli film de Mia Hansen-Love « le père de mes enfants », ceux d’Assayas ou Desplechin .

En passant derrière la caméra, le comédien a pris le meilleur de ces maîtres-là (en plus de Truffaut), mais il a surtout eu l’intelligence de se donner le premier rôle. Qui de mieux que lui, en effet, pour interpréter Paul, intello des bobo quartiers, quadra divorcé, écrivain aussi léger que mélancolique? Il faut dire-pour l’ascenseur émotionnel- qu’il a de quoi : au moment où il rencontre Ada, son père meurt. La mort ne se pointe jamais au bon moment. L’amour non plus d’ailleurs. Ada doit bientôt se marier avec le père de sa fille, Paul la rassure : « C’est pas grave tu n’auras qu’à m’inviter ». Elle, se verrait plutôt -sans rire- quitter son confort, quoique pas désagréable, pour cette passion naissante. On est pas raisonnables quand on est amoureux. On se met même à adorer une ville de salon du livre. Brive n’est pas en Italie, c’est bien connu.

A côté de ce duo délicatement élégant (Valentina Cervi est à tomber de beauté) il y a les autres : la fille de Paul (Alice de Lencquesaing) ado avec qui il vit et qui découvre l’amour au moment où sa grand-mère Mina (Marthe Keller) perd celui de sa vie. C’est là que débarque Ada, chez l’homme de toutes ses femmes, qui se retrouvent, au détour d’une scène, réunies un soir sur le parvis d’un hôpital, par hasard. Une des maladresses d' »Au Galop » peut-être, nous faire croire que le hasard fait si bien les choses, que les vies sont si facilement malléables et que les appartements parisiens sont tous sublimement bourgeois. D’un autre côté, le film est traversé par un souffle plus vrai que nature (un effet de l’autobiographie, Louis-Do?), alors on se dit que c’est possible et qu’il faut en tout cas essayer d’y croire. Excepté pour les appartements bourgeois.

 

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